LIBERATION DE MANAL ET DE NOUR
Communiqué de presse – Addameer
« Nous vous embrassons tous deux du bout des doigts. », Majed, fils de la prisonnière Manal.
« Lorsqu’ils nous agressent avec des lances à eau, je cache mon bébé contre ma poitrine et je cours vers l’endroit de la cellule le plus sûr pour le protéger autant que je le peux. », Manal Ghanim, prisonnière.
Association de soutien aux prisonniers et des droits de l’homme – Addameer (La Conscience)
LANCEMENT CE JOUR DE LA CAMPAGNE POUR LA LIBERATION DE MANAL ET DE NOUR
Ramallah – 21 mars 2005. L’association de soutien aux prisonniers et des droits de l’homme – Addameer a lancé, ce jour une campagne exigeant que le gouvernement israélien libère la prisonnière palestinienne Manal Naji Mahmoud Ghanim, originaire de Tulkarem, âgée de 29 ans, et son fils Nour, âgé de 1 an et demi, incarcérés depuis le 17 avril 2003.
Manal et Nour sont détenus dans la prison de Telmond. Manal, qui souffre de thalassémie , a été arrêtée alors qu’elle était enceinte. Arrachée à sa famille, les mains liées derrière le dos, elle a accouché de Nour dans un hôpital israélien. L’administration pénitentiaire ne leur a apporté aucune attention particulière, pas même le lait dont Nour avait besoin car celui de Manal était insuffisant pour le nourrir.
Le 17 avril 2003, à 3h00 du matin, l’armée israélienne a arrêté Manal - mère de 3 enfants, dont le plus âgé est en classe de 6ème -, dans sa maison située dans le camp de réfugiés de Tulkarem. Les troupes israéliennes ont ligoté Manal et l’ont battue alors qu’elle essayait de les empêcher de prendre Majed, son fils, alors âgé de 4 ans. Les troupes israéliennes ont également mis à sac la maison et confisqué l’ensemble des documents familiaux, les papiers d’identité et les certificats. Pendant l’arrestation de Manal, les troupes israéliennes ne lui ont présenté aucun ordre d’arrestation ni ne lui ont spécifié ses droits.
« Nous sommes face à une situation humanitaire critique » déclare Khalida Jarrar, directrice de Addameer. La détenue Manal – qui souffre de thalassémie et qui est la mère d’un nouveau-né derrière les barreaux – ses enfants (Niveen, Ihab et Majed) et son mari (6 personnes au total) souffrent au quotidien de son emprisonnement. Majed est atteint d’anémie à hématies falciformes, une maladie chronique proche de la thalassémie. Il a besoin de sa mère à ses côtés alors que sa condition l’oblige à se rendre tous les 10 jours à l’hôpital. En fait, avec l’absence de Manal, c’est l’ensemble de sa famille qui subit le sort des prisonniers. Ses enfants souffrent de troubles psychologiques aiguës résultant de son absence et qui se manifestent par des troubles de la personnalité, violence, dépression, échec scolaire et agressivité. « En raison des conditions [d’incarcération] de Manal, et en reconnaissance de la juste cause de tous les prisonniers politiques palestiniens, nous vous appelons à nous rejoindre, nous et la famille de Manal, dans la campagne pour la libération de Manal et de son fils » poursuit Mme Jarrar.
A propos d’une action légale qui peut être conduite durant cette campagne, Maître Mahmoud Hassan, conseiller de la campagne d’Addameer, a soumis une pétition au commandant militaire israélien, qui est investi, - suivant les règlements militaires israéliens en application dans les Territoires Occupés Palestiniens, à travers le poste de conseiller juridique -, de la pleine autorité pour libérer immédiatement Manal et son fils en raison de la situation et du traumatisme qu’elle subit en prison. En plus de la naissance de son fils en prison - qui le voue à passer sa prime enfance derrière les barreaux-, les souffrances de Manal sont extrêmes alors qu’elle est éloignée de force de ses enfants et de son mari.
Manal se dit très inquiète pour la vie de Nour, alors que les troupes israéliennes font régulièrement usage de lances à eau et de gaz lacrymogènes contre les détenues palestiniennes. « Nour a besoin de lumière, de soleil, d’air frais, de jouets, autant d’éléments qui lui sont déniés derrière les portes closes et effrayantes. Quand ils nous agressent avec des lances à eau, je le cache contre ma poitrine et je cours vers l’endroit de la cellule le plus sûr pour le protéger autant que je le peux. J’espère que la campagne d’Addameer m’aidera à retrouver ma famille aussi tôt que possible » déclare Manal.
Shahnaz Saber Mudallal, infirmière traitante de Majed depuis 5 ans à l’hôpital Dr. Thabet Thabet de Tulkarem, déclare : « Majed était dans un état d’esprit serein avant que sa mère ne soit arrêtée. Comme tout autre enfant, il jouait et parlait beaucoup. En revanche, après l’arrestation de sa mère, son état s’est détérioré ». Désormais, il a besoin de transfusions sanguines au moins tous les 2 mois et souffre d’insuffisances [sanguines] chaque 10 jours. Il a régulièrement de très fortes fièvres, avec des pics à 40ºC, ainsi que des douleurs à l’estomac, au dos et aux articulations des jambes et des mains. Cette situation oblige sa famille à l’amener à l’hôpital pour des périodes de 5 jours. De plus en plus, il refuse de rester à l’hôpital et demande d’être reconduit à la maison. Parfois sa famille cède. En outre lorsqu’il visite sa mère, sa situation médicale empire, ce qui a conduit ses médecins à exiger que sa famille ne l’autorise plus à lui rendre visite.
Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au Media Center [Ramallah], Mme Jarrar et Me Mahmoud Hassan ont annoncé le lancement de la campagne. A cette occasion, le Dr Bashar al Karmi a expliqué la terrible situation qu’endurent les patients souffrant de thalassémie. Les enfants de Manal étaient également présents à la conférence.
Addameer a invité l’ensemble des Palestiniens et leurs institutions à participer à la campagne, en envoyant des messages pour faire pressions sur le gouvernement israélien et sur le Comité International de la Croix Rouge (CICR) pour libérer Manal et Nour. Addameer appelle également à l’envoi de messages de soutien adressés à Manal à la prison de Telmond pour soutenir ses enfants au camp de réfugiés de Tulkarem. Les messages peuvent être envoyés directement à l’adresse électronique d’Addameer (http://www.addameer.org/) où une section est entièrement dévouée à cette campagne. La semaine prochaine, Addameer lancera également un appel à la mobilisation dans toutes les villes palestiniennes pour recueillir des signatures qui seront jointes à la pétition pour la libération de Manal et de Nour. Addameer invite tous les Palestiniens, et notamment les étudiants, lycéens et élèves, à prendre part à cette campagne.
Pour le Jour de la Mère (24 mars), les enfants de Manal ont écrit un message spécial à leur mère. « Lorsque je te visite maman, ce que je ressens c’est comme si je brisais les vitres [qui nous séparent], comme si j’enlevais les barbelés, et que je te libérais », a écrit Ihab, 9 ans. « Maman, nous t’avons envoyé des vêtements et des jouets pour Nour. Nous vous embrassons tous deux du bout des doigts » a écrit son plus jeune fils, Majed.
Manal est l’une des 7500 prisonniers palestiniens soumis aux rudes conditions d’incarcération dans les prisons et les centres de détention israéliens. Près de 115 prisonnières politiques sont détenues dans les prisons de Telmond et de Neve Tertza. Manal est l’une des 2 prisonnières arrêtées, depuis le début de Intifada (soulèvement) en septembre 2000, alors qu’elles étaient enceintes. Mervat Taha, âgée de 21 ans, a été la première prisonnière palestinienne à accoucher dans une prison israélienne. L’administration pénitentiaire israélienne autorise les détenues à garder leur bébé en prison pendant 2 ans, après quoi elles doivent les remettre à leur famille.
E-mail: addameer@p-ol.com
Téléphone: 972-2-2960446
Fax: 972-2-2960447
Adresse postale:
P.O.Box 17338
Jérusalem
Bureau Ramallah:
Al-Isra' Bldg., 7th floor, Al-Irsal St.
Note:
Les lettres à l’attention des prisonniers sont les bienvenues
et peuvent être envoyées à l’adresse d’Addameer
à Jérusalem qui les transmettra aux prisons et aux prisonniers.
